Bradley Cooper

[CRITIQUE] : Very Bad Trip 3


Réalisateur : Todd Phillips
Acteurs : Bradley Cooper, Zach Galifianakis, Ed Helms, Justin Bartha, Ken Jeong, Heather Graham, John Goodman et Melissa McCarthy...
Distributeur : Warner Bros France
Budget : 103 000 000 $
Genre : Comédie.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h40min.

Synopsis : Suite au décès du père d'Alan, la bande décide de le forcer à soigner ses problèmes mentaux. Mais comme d'habitude, rien ne se passe comme prévu. Une fois arrivés à l'hôpital, les hommes se font attaquer et Doug est kidnappé. La rançon? Retrouver Mr. Chow en échange de la vie de Doug…


Critique :

Plus d'un milliard de dollars en l'espace de deux films, peu de franchises, et encore moins de comédies potaches, peuvent se targuer d'avoir autant marquées et fédérées que celles des Very Bad Trip, au succès aussi surprenant que souvent controversé.

Surprenant, car personne n'aurait pu miser un cent sur la potentielle claque dévastatrice et délirante qu'il aurait pu incarner, il y a de cela quatre piges, tant Very Bad Trip est arrivé de nulle part avant de littéralement s'imposer comme LE film le plus drôle et inventif des années 2000.

Controversé, car trop pressé de faire des petits, la Warner et le papa réal de la désormais trilogie, Todd Phillips, ont pondu un peu à la va-vite une seconde aventure à la structure quasiment copie-calque de la précédente, certes paresseuse (elle reprend, en plus trash, la même histoire en la transposant de Vegas à Bangkok) mais bien plus fouillé psychologiquement (Stu y acceptait ses démons, Alan dévoilait la nécessité du Wolfpack dans sa vie d'asociale, tandis que Phil admettait que son amitié avec la bande lui permettait d'échapper à la frustration de sa vie quotidienne) que l'ont toujours laissés présager la horde de critiques négatives qui s'était employée à étriper le film à sa sortie en salles.


C'est donc le cul entre deux chaises, coincée entre une obligation monétaire au moins égale au précédent opus des causes d'un budget tout aussi croissant que l'attente qu'il suscite, et une volonté assumée de reconquérir les fans de la première heure laissés sur le carreau après la " traitrise " qu'incarnait à leur yeux Very Bad Trip 2, que débarque Very Bad Trip 3, qui dès sa promotion annonçait la couleur, en promettant une conclusion à la formule différente des précédents opus, mais surtout tout aussi dantesque, qu'original et ultime, histoire que la franchise tire sa révérence en beauté.

Oui, Very Bad Trip 3 promettait beaucoup sur le papier, trop peut-être même... car si au final le film est bien meilleur que le second opus, il n'en est pas moins une franche déception, bien loin des espérances suscités par sa promotion enthousiasmante.

Si cette fois on a plus le droit à une cuite mythique (qui décrédibilise donc totalement le titre original The Hangover), ni au re-traçage pas à pas d'une soirée de fou sous fond de gueule de bois, c'est pour lui préférer une vision plus frontale et original, à savoir des péripéties de malades vécues en live, une course contre la montre aboutissant à la recherche du dingue Mr Chow.

Une idée loin d'être con, mais qui perd forcément en énergie des causes d'une intrigue archi-prévisible et manquant cruellement de rebondissements malgré quelques twists assez sympa, et un humour entrainant mais loin d'être aussi ravageur et salement potache que jadis (les scènes du karaoké, de la girafe et du post-générique valent tout de même leur pesant d'or).


Car je le répète, si le traitement est dans le fond très mauvais, gâché et sans une seule once de psychologie (mis à part pour le perso d'Alan), l'idée de faire des deux seconds rôles les plus succulents de la franchise, Alan et Chow, les vrais héros de ce nouvel opus (idée d'ailleurs déjà dévoilée lors de la toute première affiche officielle de la campagne de promotion), était loin d'être foireuse, tant leur personnages aussi funs, excentriques et décalés que franchement drôles, ajoutait la petite touche spécial de chaque métrage.

Même si je le conçois, pour beaucoup d'entre nous, une overdose de Ken Jeong peut parfois frisé à l'agacement (ce qui est le cas ici), à la différence de Zach Galifinakis, dont la présence totalement barrée peut se consommer sans aucune modération.

Ici, les deux trublions sont donc omniprésents et ce n'est pas (toujours) un mal, pendant que le premier se remet difficilement de la mort de son père tout en frôlant l'internement en maison de repos, la mort et en tombant même in love d'une grande gueule sympatoche (l'excellente Mélissa McCarthy, qui fait ce qu'elle peut avec deux, trois scènes qui se battent en duel), le second lui dérobe rien de moins que 21 millions de dollars à un malfrat (l'immense John Goodman, totalement effacé et dont la présence s'avèrera conclue avec ridicule), et seul Alan et le Wolfpack seront capable de le retrouver lui et le magot, pour avoir ainsi une chance de sauver la peau à Doug, qui sert de caution vivante dans tout ce micmac.

Le métrage débutera d'ailleurs avec lui, dans une long intro plutôt bien mené, et ce conclura de la même manière.


Un " Alan & Chow Show " pas très bien maitrisé et sur-privilégié au détriment du Wolfpack (qui s'avère littéralement sous-utilisé, mis à part Stu qui s'illustrera à sa manière dans l’excellente scène post-générique), que Phillips tentera de faire avaler sans trop d'encombres aux fans, via un jobbage de fan-service plutôt bien foutue, entre références cinématographiques appuyées et retour aux sources nostalgique et salvateur, alignant les clins d’œils et connexions au premier opus (Doug une nouvelle fois de la revue, le retour à Vegas, avec les apparitions certes fonctionnelles, du Doug noir, de Jane l'escort-girl et de son fiston qu'Alan surnommait Carlos), renforcée par de sympathiques flashbacks à la fin.

Invoquant la nostalgie d'un premier opus dont il ne pourra jamais reproduire ni son aura qualitative ni même son effet de surprise dévastateur, ce Very Bad Trip 3 n'en reste pas moins un divertissement assez drolatique et honorable, manquant certes d'énergie, de peps et de cœur (et ce même dans son interprétation), mais sauvé in-extremis par l'attachement affectif inspiré par des personnages que l'ont suit depuis quatre ans désormais, et par l'intelligence (à double tranchant) qu'il aura eu d'éviter l'écueil facile de l'auto-parodie que le second opus laissait pourtant présager.


Depuis The Hangover premier du nom, Todd Philips n'a jamais su transformer l'essai malgré un sympathique Date Limite, déjà sauvé à l'époque par un Zach Galifinakis et un Robert Downey Jr des grands jours.
Judd Apatow (et sa descendance, Seth Rogen, Jonah Hill et compagnie) peut donc dormir sur ses deux oreilles, son trône de boss de la comédie made in Hollywood ne sera, une fois encore, pas contesté.

VBT 3 ou une conclusion en demie teinte, entre road trip comique et film à gangsters, d'une trilogie qui l'est tout autant, et qui, c'est malheureux à dire mais c'est bel et bien vrai, n'aurait certainement ne jamais dut dépasser son statut de " one shot " culte.


Jonathan Chevrier



John Chevrier

Plus ou moins fils spirituel du Dude et du Zohan réunis, cinéphile/cinévore/cinémaniaque convaincu depuis mon premier battement de cils, je voue un culte sans borne à Sylvester Stallone. Biberonné aux séries B, les salles obscures sont mes secondes maisons et je fonds comme un vampire au soleil sans ma dose quotidienne de bonnes péloches.
Mes maîtres absolus : Carpenter, Spielberg, Kubrick, Cameron, Eastwood, Milius, Mann, Scorcese et Nolan.

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