Critiques

[CRITIQUE] : Grave


Réalisateur : Julia Ducournau
Acteurs : Garance Marillier, Ella Rumpf, Rabah Naït Oufella, Laurent Lucas,...
Distributeur : Wild Bunch Distribution
Budget : -
Genre : Epouvante-Horreur.
Nationalité : Français, Belge.
Durée : 1h36min.
Synopsis :
Dans la famille de Justine tout le monde est vétérinaire et végétarien. À 16 ans, elle est une adolescente surdouée sur le point d’intégrer l’école véto où sa sœur ainée est également élève. Mais, à peine installés, le bizutage commence pour les premières années. On force Justine à manger de la viande crue. C’est la première fois de sa vie. Les conséquences ne se font pas attendre. Justine découvre sa vraie nature.



Critique :



Rares sont les films français capables de donner un bon gros coup de pied au popotin d'un cinéma de genre qui manque cruellement de répondant autant face à notre propre continent, que face au mastodonte de l'autre côté de l'Atlantique.
Haute Tension, A l'Intérieur, Calvaire, Amer ou encore Martyrs, la liste est courte (la faute aux distributeurs assez frileux dans l'hexagone, certainement), même si les intentions sont souvent aussi grandes qu'ambitieuses.
Alors quand une oeuvre comme Grave, premier long métrage de Julia Ducournau, fait méchamment son petit boucan partout il passe, c'est avec un intérêt plus que certain.



Suivant les pas glorieux pas de Claire Denis et Marina De Van, Ducournau traite également du thème de l'anthropaghie au sein d'une histoire aussi accrocheuse que singulière; celle de la belle Justine, jeune végétarienne qui suite à un bizutage dément (elles s'amusent bien, les écoles vétérinaires belges), va très vite ressentir un besoin primal de consommer de la viande, jusqu'à même devenir cannibale.
Complètement anxiogène, Ducournau traite avec une finesse les thèmes du douloureux passage la vie d'adulte (et son rapport troublant à la métamorphose/épanouissement du corps), de l'initiation et de la quête identitaire (très beau parallèle entre les deux soeurs, affectés du même mal mais aux trajectoires ooposées), au sein d'un cauchemar éveillé ou la pureté incarné - Garance Marillier, épatante -, confronté aux fruits défendus (le sexe, la viande, une certaine liberté sans la présence des " adultes "), voit ses certitudes chamboulées au sein d'un microcosme estudiantin malade et pervertissant, véritable diktat affranchit de toute règle et ou le chaos domine de manière (plus) qu'arbitraire.



Habile mélange des genres (l'horreur pure et le gore se voient souvent dilués par un savoureux humour noir, jusque dans son final assez fun), impressionnant techniquement et joliment référencé (on pense souvent au cinéma du vénéré David Cronenberg), porté par un casting aussi remarquable que totalement dévoué à sa cause (la " caution " Laurent Lucas en bonus), Grave est une incroyable expérience de cinéma, organique, épurée, passionnante et naturaliste à l'extrême; sur une jeune femme vorace, qui laisse s'exprimer son instinct primitif, animal, dans un environnement médical ou elle est elle-même sensée, soigner les animaux.

Le cinéma d'épouvante francophone va mieux, et il peut dire un grand merci à Julia Ducournau.


Jonathan Chevrier


John Chevrier

Plus ou moins fils spirituel du Dude et du Zohan réunis, cinéphile/cinévore/cinémaniaque convaincu depuis mon premier battement de cils, je voue un culte sans borne à Sylvester Stallone. Biberonné aux séries B, les salles obscures sont mes secondes maisons et je fonds comme un vampire au soleil sans ma dose quotidienne de bonnes péloches.
Mes maîtres absolus : Carpenter, Spielberg, Kubrick, Cameron, Eastwood, Milius, Mann, Scorcese et Nolan.

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